Arnaud Crassat recouvre des livres, des cahiers, du papier. Il repasse.

Le calligraphe crée la série « Memorie Writing », recueils de mots qu’il entend au passage. Il décrit un flot de paroles discontinues. Réceptacle de ce qu’il entend, il relève le hasard. Il attrape sur le vif son esprit. C’est un recueil de poésie chaotique. Une œuvre minutieuse dans laquelle le sens est l’incohérence.

À la main, les mots écrits à l’encre, les tâches, les ratures font naître des motifs. Il travaille l’accumulation. Les répétitions évoluent de pages en pages comme une animation. Les mots s’entrechoquent, rien n’est droit. Les espaces sont minces, les phrases sont des formes.

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Toutes ses créations tendent à créer une musique. Le langage est question de perception, de contexte. « Toute langue est fasciste » disait Roland Barthes. On se débat avec les mots qui n’ont pas le même sens selon les personnes, le moment. La musique est cosmique, nul besoin de parler la même langue pour comprendre, être en transe. L’artiste cherche la vibration des mots, une mélodie climatique.

Voir le reste de son travail sur le site Web de l’agence Réécrire : http://www.reecrire.com/2010/10/19/recouvrir-arnaud-crassat/